Le 04 Juillet au restaurant le Girouet à Orléans bord de Loire

Premier sujet de réflexion évoqué lors de la soirée spéciale Lettonie

Pourquoi ai je fait ce voyage?

Pour aller à la rencontre de femmes et pour parler de leurs eaux. Durant tout ce voyage je me suis faite l’ambassadrice de notre eau en parlant de l’engagement de la France à la protection de notre environnement, et de l’efficacité de nos entreprises françaises n°1 mondial dans ce domaine. Cocorrico! Je me suis faite également l’ambassadrice des femmes de France libres, enfin autonomes depuis 1965… d’ailleurs 1968 à suivi à croire qu’avec les femmes ça ne traîne pas! Je n’irai pas jusqu’à dire que les femmes ont été les instigatrices de 1968 encore que je pense à tous ces étudiants dans la rue, ils ont été élevé à l’époque exclusivement par leur mère, et l’éducation se fait surtout par l’observation…. Bref revenons au voyage! Je ne peux pas encore parler du comment personnellement je l’ai vécu mais je peux vous dire qu’il était indispensable que je le vive. Il était devenu indispensable pour moi d’éprouver les informations que j’avais recueilli pendant 6 ans. Il fallait que je me confronte à la réalité. Ce voyage m’a beaucoup apporté et je reviens avec des questions et ces questions je vous les poserai pour que vous m’aidiez à trouver les réponses. Ambassadrice à l’aller mais aussi ambassadrice au retour.

Ceci dit pendant mon exposé vont défiler les photos de la Lettonie que j’ai sélectionnées pour mon livre parmi des milliers, vous êtes les premiers à les voir. J’aimerais là aussi que vous me donniez votre avis et vos conseils sur celles que vous aimez et peut-être seront elles celles qui figureront dans le livre. D’ailleurs à ce propos n’oubliez pas avant de partir de souscrite à l’achat du livre il me faut 3000 souscriptions vous êtes les premiers donc l’avantage pour vous est que votre exemplaire sera numéroté.

Parlons de la Lettonie:

Info sur site

La Lettonie, comme vous avez pu le voir sur le site le programme indiquait deux objectifs:

         1/ Créer un réseau d’amitiés (FB)

 Ce mot grâce à FB est galvaudé mais je peux vous certifier que je me suis fait de vrais ami; et la définition de l’amitié je l’ai eu pendant ce voyage. « L’ami est celui à qui tu fais des confidences ». Et bien j’ai dans mon cœur aujourd’hui des dizaines de confidences. Je vais pouvoir en partager quelques unes avec vous.

 

Deuxième objectif: faire la preuve que des femmes en l’occurrence les suiti sievas à Alsunga utilisent leurs chants comme outil pédagogique. Grace à ces chants les jeunes apprennent à connaître leur nature et leur eau. Comme me l’a dit Ilga, une suiti « On aime que ce que l’on connait ». Les dainas sont des poèmes qui ressemblent à ceux de Esope, ou encore de Jean de la Fontaine. Ils associent la nature, la culture, la morale. Et ça marche. Les jeunes protègent leur environnement, pas un papier dans les rues, dans les rivières…

Mais il faut que je vous dise que cela va au delà. Le chant, les dainas sont plus qu’un outil de formation c’est aussi un art de vivre, un art de bien -être, et un art d’être Lettons.

Les lettons se sont servis des dainas pour faire leur révolution d’indépendance après plus de 40 ans de Russification.

         La russification, se compose de 5 ingrédients

 

1/ La déportation, différente de celle que nous avons connue en occident. L’objectif des russes était de mixer au maximum les peuples des pays qu’ils occupaient pour faire une seule et unique grande nation soviétique. On déporte les Lettons en Sibérie ou en Oural, et on déplace des sibériens, des tatars en Lettonie, et voilà.

 Dans les pays occupés il faut jouter à cette déportation:

2/La démolition de certains monuments. La statue de la liberté de Riga a échappé à sa destruction grâce à un architecte russe qui appréciait le talent du sculpteur Letton.

3/Les interdictions: Les interdits ne sont pas allés jusqu’à interdire les dainas, Anita, Docent à l’académie de Riga me disait: » Ils n’ont pas pu toucher aux daïnas, ils savaient que ce serait dangereux, donc ils ont toléré mais uniquement que les chants tristes, les chants gais étaient russes ».

4/ La russification, à proprement parler, c’est:  Pas de religion, pas de tradition, pas de langue d’origine,…

5/ Pour finir la propagande je l’ai gardé pour la fin comme le meilleur des mets, parce que de ce met nous y avons gouté et nous continuons à y gouter. J’en ai été victime à la préparation de mon voyage. Pour préparer ce dernier, je consulte internet et je me limite à un site dont je tairai le nom pour le moment. Dans ce site on disait sur 80 pages environs des horreurs sur l’état sanitaire et d’environnement de la Lettonie. C’est avec ces informations là que je vais rendre visite à SE Madame l’Ambassadeur de Lettonie en France. Elle a été horrifiée, et me dit: » Mais c’est de la pure propagande soviétique mais où avez vous trouvez ces informations? » Un peu dépitée je réponds: « Sur internet, sur le site du Ministère des affaires étrangères de France ». Là, elle me dit: » Allez en Lettonie, il faut que vous y alliez » Sur ce elle m’offre un livre celui de la première présidente de la première République Lettone.

Cette propagande continue à porter ses fruits encore aujourd’hui en France et c’est pour cela que je dis et je redirai que les frontières que j’ai traversées ne sont pas les frontières politiques mais bien d’autres frontières…..La première que nous allons traverser ce soir ensemble c’est la frontière psychologique, le mur de Berlin.

Les lettons sont un peuple non violent, qui n’a aucune rancœur, ni vengeance, qui regarde le passé et qui le comprend, qui le fête en pleurant mais qui le fête. Evita étudiante lettone à Tours, me disait « Mon peuple a plus de fêtes pour pleurer que pour rire. Mais cette histoire là il ne faut pas l’oublier elle fait aussi partie de l’identité Lettonne. »

Pour  obtenir cette liberté, cette identité et pour revenir à notre sujet l’eau et les dainas, sachez que la révolution de 1989, a été décidé par des journalistes qui souhaitaient  protéger la Daugava, le principal fleuve Letton du projet de construction d’un barrage et d’un canal pour faciliter aux russes l’accès à la mer baltique. Ce fleuve  se nomme maintenant « le destin letton ». Cette révolution s’est faite en chantant, pour en savoir plus allez voir « La voie baltique » une double chaine humaine chantante de plus de 600 Km qui reliait l’Estonie, la Lettonie, la Lithuanie.

 

Allez je vous fais traverser cette frontière en espérant qu’un jour vous la traverserai pour de vrai.

J’arrive à Riga le 08 mars 2013 dans la nuit… Petit aéroport, un chauffeur vient à ma rencontre, une grosse Chevrolet noire m’attend, Je ne peux m’empêcher de penser à Alfred Hitchcock. La voiture file à toute allure dans les rues de Riga. De la neige partout, un -10°c affiché alors qu’en France ce jours là +15!!! bon.  Ok je sais il va faire froid mais je suis couverte. Des lumières dans toutes les rues, une lumière orange, j’ouvre les yeux comme si j’allais pouvoir me repérer. Je sentais déjà la boulimie envahir tous mes sens. J’avais faim de savoir, de connaître, de voir, de sentir, bref de vivre à 100%.

Le chauffeur me réveille de cette hypnose et me demande si je viens pour des affaires, non! bien entendu que NON. Je viens pour la Lettonie, pour Riga, pour les Lettons, pour les connaître, pour leur eau, pour les femmes, pour les daïnas…. Je le sens ivre de mes mots.

 Comme pour me ramener à la réalité il me dit: »Qu’allez vous faire demain? »  Je lui répond « Je vais demain à Alsunga ». « Ah oui, je ne comprends pas ». Je répète et je me dis : »Ils doivent avoir un drôle d’accent, je ne suis pas prête de me faire comprendre ». Alors je lance désespérée de me faire comprendre le mot magique. « Je vais voir les suiti sievas ». Il se retourne vers moi et me dit: »Ah oui je les connais » et du coup c’est lui qui est devenu intarissable sur le sujet. J’apprends qu’elles sont connues dans toutes la Lettonie, même au Japon. Alors pourquoi pas à Orléans?

Le lendemain je suis rejointe à mon hôtel par Mara, elle travaille à la municipalité de Alsunga, et par Juris journaliste de presse écrite et enfin par Anita, Docent de l’académie de Riga qui allait être la traductrice pour les reportages que je me devais de faire  en Français et dans la langue du pays d’accueil. Anita avait travaillé avec l’UNESCO pour la valorisation des Daïna, de la culture du Kurzeme et des suiti sievas, la femme idéale pour mon sujet.

 

Je ne vous ferai pas de cours de géographie, mais sachez que c’est un pays plat, qui a su préserver son environnement, ses rivières, ses forêts, ses lacs, ses champs. Tout est magnifique de virginité. Vous me direz mais tu as vu tout ça sous la neige, sous la glace, oui et bien imaginez ce que ça doit être encore sans cela! Les paysages sont des fresques de légende. Mais ça les enfants le savent bien car ils connaissent bien mieux que nous la légende du duché de Courlande, en Letton du KURZEME.  Les paysages Curoniens encouragent à la poésie, ce n’est pas étonnant que ce peuple soit le peuple poète. C’est une destination qui plaira aux photographes, aux enfants pour l’imaginaire, aux amoureux de la nature authentique, cette nature qui est prête à livrer ses secrets de santé, de bien être, mais pour chacun d’entre nous aussi la possibilité de connaître une autre philosophie que celle que nous connaissons en occident qui est celle de dominer la nature et les autres.

Ma première rencontre officielle à Alsunga, seule communauté catholique dans un pays Luthérien, Monsieur le curé qui croit en l’association des fêtes païennes et du catholicisme et ce pour des raisons de bons sens, qu’il saura vous expliquer, s’il vient comme je l’espère à Orléans très prochainement. La soeur de Monsieur curé en fin de soirée  décide de m’habiller en suiti. A peine arrivée à Alsunga et me voilà Suiti d’adoption. J’étais adoptée, ils m’avaient comprise. J’étais heureuse. J’étais chez moi, avec mes nouveaux amis j’étais tout simplement bien.

 

 

Il est temps pour moi de partager avec vous une confidence:

L’indépendance, c’est quelque chose d’important, l’identité est essentielle pour se construire, la liberté c’est une valeur que nous avons en France au XVIIIe bien définie, et même écrit dans le marbre. La liberté oui mais comme le disait A.Gide, « Ce n’est pas le tout de se libérer encore faut-il savoir que faire avec cette liberté ».

C’est dans l’atelier de tissage d’Alsunga que je vais me rendre compte du sens du mot liberté confronté à celui d’identité. L’atelier réunit les femmes des suiti qui enseignent le tissage et chaque femme se confectionne son costume, et les costumes de la région des suiti. Là Maretta une femme de 50 ans environ me confie « Moi je n’ai pu rejoindre les suiti qu’après avoir fait mon deuil de 1989. » Si elle a utilisé des mots aussi forts c’est que c’est encore douloureux. C’est plus qu’une confidence, c’est un cri. La liberté nous ne sommes jamais prêts à la recevoir. Elle a perdu son travail, ses chevaux, le haras a fermé car les russes sont partis. Et comme la libre entreprise, l’esprit d’entreprendre n’avait été exercé depuis plus de 40 ans, Maretta comme beaucoup ont ressenti l’abandon, la mort.

Une fois le deuil fait, elle a pu se réconcilier avec son identité, suiti….

Peut on perdre pour de l’argent son identité? Peut on faire le sacrifice de ce que nous sommes pour de l’argent?

C’est bien de cela dont nous allons finir par parler de l’identité.

Et voilà ma seconde casquette celle d’ambassadrice du retour:

Avoir une identité c’est avoir un nom… J’ai eu du mal à définir par un nom, là d’où je venais. Comment créer des liens d’amitiés, des liens commerciaux, culturels, quand l’autre ne peut nous situer, par un nom mais aussi par une tradition, par une histoire, par des chants, par un folklore, par un patrimoine culturel immatériel. Qui sommes nous? Face à la Kurzeme qu’est ce que la Région Centre?

Notre région centre n’a pas de nom et ne peut pas non plus identifier ses habitants, comme les Bretons, les Auvergnats, les Bourguignons  … Nous avons certes des provinces, les Tourangeaux, les Beaucerons, les solognots… certes et heureusement cela nous sauve mais où est l’unité, le clan, la force d’une région?

Est-ce la Loire la grande responsable, elle qui partage notre région en deux, elle qui n’offre pas les mêmes richesses à ses deux rives?

Non, bien entendu que non, mais alors quoi?

Pour répondre à cette question je vous propose d’organiser en 2014 les premières folkloriades en région centre. Avec pour invités d’honneur et cela s’impose de fait maintenant avec ce que vous savez: Les suiti sievas.