P1040414     C’est le 3 avril 2013 il est 00:28 le train démarre pour un trajet de 1433 km je m’en vais encore plus loin en Sibérie. 32:32 de voyage ça ne s’invente pas. J’arriverai le 4 avril à 9:00 en gare de Irkoutsk. 

 Fuseau horaire: GMT + 9 heures, Température moyenne -6°C

Heures d’ensoleillement: 10h50 (7:51 à 18:41), 1 433 km parcourus…… cumul: 10 297 km

Ou prendre connaissance du programme

 

 

P1040823

 P1040809

Irkoutsk est la capitale de la Sibérie orientale, c’est la rivière Irkout qui va lui donner son nom. Cette ville sort de terre au XVIIème siècle sous la forme d’un OSTROG (forteresse). Dès le XVIIème Irkoutsk sera un poste relais entre la Chine et la Russie, voir même de l’Europe. Vous l’avez compris très vite après les trappeurs (bouriates), les chercheurs d’or, les cosaques, s’installeront les commerces de fourrures de zibeline, d’or, d’ivoire de mammouth. La fortune du far East commence. Le Tsar envoie alors des paysans pour développer la culture du blé, et envoie en exil tous les insurgés, Polonais, et autres, et bien entendu les décembristes…Les uns et les autres y laisseront leur marques en bâtissant des églises.

Les décembristes eux y laisseront une empreinte plus forte.

Un peu d’histoire: Le 26 Décembre 1825 une tentative de coup d’état militaire s’est déroulée publiquement à Saint-Pétersbourg pour obtenir du futur empereur Nicolas Ier une constitution à la Française.  Beaucoup de princes de sang étaient mariés à des princesses Françaises. La politique, la culture française bénéficiaient d’une fort belle réputation à l’époque. Ce coup d’état a échoué, les révoltés que l’on nommera les décembristes seront envoyés au bagne à Irkoutsk. Avant l’arrivée de ces derniers Irkoutsk était déjà une très grande ville pour l’époque les habitants étaient violents, sans loi ni foi, le far east quoi. Avec l’arrivée des princes en exil  tout devait changer.

Tout devait changer grâce à la force de l’amour, grâce à une femme. P1040697

La culture entrera à Irkoutsk par les françaises, pour n’en plus jamais ressortir.

 La présence française à Irkoutsk reste insuffisante et pourtant nous devrions nous y plaire… Déjà la Savoie construit un partenariat culturel avec l’alliance française et un partenariat scientifique avec l’université des sciences…. La porte est ouverte, d’autant que beaucoup de russe de Irkoutsk parlent le Français (400 étudiants à l’alliance française).

 Les sciences sont bien représentées et nous nous attarderons sur ce fait lorsque nous nous intéresserons à l’objet de leurs désirs: Le Lac Baïkal.

IMGP9265Avant arrêtons nous devant la Maison Blanche, construite par un riche marchand elle abrite maintenant l’une des plus grandes bibliothèques de Russie, la bibliothèque scientifique de l’université d’état, et l’institut de biologie.  C’est ici que j’ai rendez-vous Le 05 avril avec Tatiana, professeur de français, responsable des relations internationales avec les pays francophones pour l’institut de biologie de Irkoutsk. Elle me présentera la femme remarquable que j’étais venue rencontrer Madame Natalia Granina, chercheur en biologie, membre de l’université d’état de Irkoutsk, responsable de recherche en géologie auprès de la faculté de biologie, gardienne des eaux du lac Baïkal.

Nous entrons dans ce temple dédié au Baïkal, et découvrons les trésors du lac….

Toutes les sciences naturelles y sont représentées, biologie, hydrologie, géographie, géologie, ethnographie..etc. L’éventail des recherches est très large. Mais la seule source de recherche est le lac Baïkal et tout ce qui peut être lié à sa vie.

Depuis Sotchi nous le connaissons mieux mais rappelons nous quelques chiffres:

P1040568

P1040589 P1040571

En arrière plan les saillants qui étaient à 1400 m d’altitude  avec les derniers mouvements tectoniques enregistrés ces montagnes qui ont le même âge que nos Alpes continuent à s’élevées 1600 m actuellement.

Vous découvrirez le rocher, « Rocher Shaman », qui a fait plié le très haut décisionnaire, et la poésie de l’endroit dans mon livre parution deuxième semestre 2014.

C’est le plus grand réservoir d’eau douce de notre planète (il recouvre la superficie de la Belgique), il a 25 millions d’années, et n’a jamais changé ni de faune, ni de flore. Les biologistes, peuvent observer la faunes la plus variée, des espèces de crustacés, de coquillages, de vertébrés et d’invertébrés.

Ils s’attarderont sur  l’espichura espèce de crevette endémique, et remarquerons que des cyclopes vont devenir fluorescents en présence d’hydrocarbure.  Cette découverte est fort intéressante pour révéler les fuites près de pipelines par exemple.

On y trouve toutes les natures de sols de notre planète c’est une aubaine pour tous les géologues.

C’est le premier pôle écologique du monde.  Sa transparence est unique et la visibilité est parfaite jusqu’à 40 mètres de profondeur. Il est parfois surnommé la « Perle de Sibérie »ou encore La mer sacrée. J’ai surpris des scientifiques en parler avec beaucoup de respect voir même de dévotion. C’est en marchant sur le lac que j’ai compris la raison profonde d’un tel respect. 

Ce lac est le plus profond du monde (jusqu’à 1 637 m d’épaisseur d’eau, reposent sur 7 000 mètres de sédiments). Ce qui veut dire 8637 m de profondeur. Son volume d’eau représente environ 260 fois celui du lac Léman, soit autant que la mer Baltique. Il représente 14 % du volume mondial d’eau douce. Le lac n’est navigable que de juin à septembre. Le reste de l’année, il est couvert de glace, dont l’épaisseur, vers la fin de l’hiver, peut atteindre 1 m, voire 1,5 à 2 m à certains endroits. Les dimensions du lac font qu’il est soumis à un système de vagues parfois importantes (jusqu’à 6 m) et qu’il est parcouru par des courants réguliers. .

Le lac reçoit l’apport de 336 rivières et ruisseaux, dont la Selenga qui arrive de Mongolie. C’est cette rivière qui pose aujourd’hui le plus de problèmes. Déjà en 1995 Laurent Touchard signalait les pollutions d’origines industrielles, aujourd’hui s’ajoutent la pollution des ninjas, autrement appelés les orpailleurs illégaux de Mongolie qui déversent du mercure dans le bassin de la Selenga.

Baïkal se déverse lui dans l’Ienisseï par l’intermédiaire de l’Angara. Je préfère l’histoire que Madame Granina m’a racontée. suivez le lien pour découvrir qui est cette femme remarquable et le message qu’elle nous adresse.

L’Angara, la Fille de Baïkal est un fleuve puissant qui roule à 6 Km/h elle tire ses eaux, des eaux souterraines (4,5° environ) de Baïkal son père qui est lui encore à cette époque gelé. Les berges sont elles gelées et permettent encore à certains pêcheurs courageux de s’adonner à leur passe-temps favorit. Souvent aux risques de leur vie, mais qu’importe le poisson est bon et le sport vaut bien que l’on s’y risque.

 hera-irkoutsk-russie-3  hera-irkoutsk-russie-4  hera-irkoutsk-russie-5

Le Lac Baïkal aspire à l’humilité, en marchant sur ce géant, j’ai ressenti l’insignifiant de l’humain. Le lac commence à blanchir avec l’arrivée du printemps. En hiver la glace de plusieurs mètres d’épaisseur est translucide vous pouvez voir le fond et les poissons nager. Comme me le disait Olga, au début nous pouvons avoir le vertige de marcher sur l’eau! Le Baïkal non seulement garde toute l’histoire de notre planète, mais aussi son avenir. Il accepte, complaisant, de livrer ses secrets aux scientifiques. Madame Natalia Granina qui a beaucoup reçu de Baîkal lui voue un réel respect Je l’ai vue marcher sur le lac comme on marcherait dans la nef centrale d’une cathédrale. Aujourd’hui la Russie, l’institut de biologie que dirige Madame Granina, et l’université de recherches et d’études souhaitent ouvrir plus largement le lac Baïkal aux scientifiques du monde entier. Il y a des instruments des équipements a disposition. Le lac a encore tellement à livrer, et la Russie partage volontier. Comme vous pouvez le constater sur les photos, le lac nous raconte que notre terre est encore bien vivante, plusieurs tremblements de terre, des mouvements tectoniques soulèvent et cassent la glace de surface du lac.

hera-irkoutsk-russie-7  hera-irkoutsk-russie-8  hera-irkoutsk-russie-9

 

Il serait dommage de développer un tourisme vulgaire, alors qu’un tourisme scientifique, d’étude, de recherche, et de découverte serait bien plus profitable à l’humanité. Envisager des programmes scientifiques, des coopérations de recherches, mais pourquoi pas non plus des programme de découvertes pour les respectueux de notre eau et de notre planète. Un projet pour le Baïkal 

hera-irkoutsk-russie-13     Ci-contre un type de crustacés endémiques, qui bien entendu a sa fonction et tient son rôle dans l’équilibre du Baïkal. Ce crustacée est aussi vieux que le lac. Ne serait  il pas dommage que le tourisme de masse ravage par ignorance cette petite bête qui a survécu jusque là? Les eaux sont encore très pures…. Nous avons le devoir de les garder dans cet état.

   Quelques photos complémentaires,

  1. Sur la cuisine à Litvianka (la ville du mélèse), cuisine à base d’Omul, de Livaret, de pignon de pin, accompagnée de vodka parfumée aux pignons de pins.
  2. Sur quelques monuments, la pierre au pied de la première église qui date de 1663 construite d’abord en bois puis en pierre, couvre la sepulture des fondateur de la ville.
  3. Une petite chapelle devant le bâtiment de l’administration régionale à l’architecture sovietique qui rappelle l’ancienne cathédrale construite par l’un des plus riches marchands de Irkoutsk. Cet édifice religieux pouvait contenir plus de 4000 personnes. Elle a été détruite pendant la période soviétique et les gravas ensevelis sous la place qui a été du même coup surélevée de plus d’un mètre. Un terrible regret exprimé par tous les sibériens que j’ai pu rencontrer.

Album Photo

 Première partie

Deuxième partie